A c c u e i l

G a l e r i e s

E x p o s i t i o n s

D é m a r c h e

B i o g r a p h i e

L i e n s

C o n t a c t s

 

 

 

 

Peindre, c'est à la fois la quête et la trouvaille.


Un travail sans cesse renouvelé sur la spontanéité et la confiance, le geste qui touche en plein dans le mille, le symbole qui émerge, l'expression de l'expérience intérieure. Peindre pour être reconduite à moi-même, franco.

J'utilise aussi la vitesse pour laisser faire au maximum, pour blouser le mental et apercevoir ce qui est derrière, pour de vrai.

 

Plus mes compositions sont immédiates, saisies sans tergiverser, sans le piège du doute ou de l'élaboration intellectuelle, plus elles sont cohérentes, précises, pleines de révélations et de bonheur.
Quelque chose d'entièrement autre entre en jeu, issu d'une source plus profonde.

Il y a lutte, bien sûr, entre le geste porté par l'intention vivante qui veut venir, bien en amont des mots et des questions, et le geste dé-porté, entravé par le jugement, la rétention, la volonté, la peur, ou même le regard bien-pensant du "pro" qui est toujours bien trop pensant.

Apprentissage. Créer, détruire, transformer, laisser vivre du premier coup…ne pas rester en deçà, ne pas triturer outre…

Apprentissage. Me laisser emmener sur l'autre rive ou rester scotchée.

Me retrouver plus tard avec ce qui s'est produit. Comment j'ai fait me reste à moi-même essentiellement inconnu, impossible à retracer, il n'y a pas de mémoire du "comment" du tout. Si c'était à refaire, je ne saurais toujours pas faire. Je n'ai rien saisi, tout a filé. Et pourtant, il y a.

Etre menée à bon port. Stupeur, bénédiction.

Eveil du sentiment de "je suis la source". Ne pas avoir peur d'effacer mes propres traces, je peux recommencer encore et encore, mais jamais deux fois pareil, à partir de la source sûre qui renouvelle. Ne pas m'attacher à ce qui est produit mais m'affermir dans la relation à la source. Etre canal. Qu'elle coule, peu importe ce qui en découle.

Travailler sur les ruines, glaner, sauver des miettes, des éclats. Décristalliser l'échec pour trouver l'ébauche. Déconstruire, arracher, déchirer, recoller, jusqu'à l'avènement nouveau.

Jeu sans fin, surprise constante.

Peindre pour voir le dehors vu de dedans et le dedans vu de dehors. M'imprégner et me nourrir avant et après le travail, en solitude, en promenade. Ecouter les infusions secrètes, les sensations internes, les échos multipliés.

Accoucher enfin. Que ce soit l'élan lui-même qui agisse pour venir se raconter au monde. Tenter de lui donner un corps de formes, de couleurs, de lignes et de masses, de matières et de textures, de lumières et d'ombres qui transfuse au moins un peu de la force comblante d'où il émane.

Donner à voir, donner "à toutes faims utiles".

Ne rien chercher à atteindre en particulier, chemin faisant. Ni le beau, enfermé alors dans l'étroitesse de quelque critère, ni la réussite, qui déclenche angoisse et restriction, ni même le plaisir.

Mais rester à l'écoute, du propos, de notre interaction, recevoir et donner avec ardeur, à cet instant, à ce travail.

Ouvrir les mondes. Entrer dans mon "état second".

Se proposer quelque chose reste dans l'ouvert et peut se laisser rejoindre ; chercher à l'atteindre fait que je couvre la distance avec ma propre épaisseur. Chercher à atteindre ne connaît pas le plus grand bonheur. Il a le sien bien sûr.

Peindre pour apprendre à faire fleurir les situations, les laisser s'épanouir jusqu'à leur vraie "surnature". Témoigner peut-être de rencontres furtives…

Comment me contenter d'un regard qui abîme tout ce qu'il touche la plupart du temps ?

Peindre pour apprendre à ouvrir mon regard un peu plus chaque fois, pour crever ma propre couche de marasme et d'indifférence.
Dans ces trouées-là, il y a tellement plus de vie…
Cela surgit-il quand je n'y suis plus ?
Et comment ne plus y être si je ne m'y mets pas toute entière ?

Jouer très fort comme un enfant et être au rendez-vous.
Ce "quelque chose d'autre", toujours inconnu et infiniment plus fort que je ne le suis moi-même se révèle dans un enthousiasme abandonné ou dans un abandon enthousiasmé, sinon pas.